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Faire son DUERP, étape par étape

Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes

Mis à jour le

Artisan concentré à son établi dans un atelier rempli d'outils
Photo : Michel Stockman / Unsplash

Pour faire son DUERP : 1) listez vos activités (postes, ateliers, métiers) ; 2) identifiez les risques de chacune ; 3) évaluez le niveau de chaque risque ; 4) définissez les actions de prévention ; 5) datez, conservez et mettez à jour le document. L’employeur peut se faire aider, mais il reste l’auteur et le seul responsable du document.

Comment faire son DUERP ? La méthode en 5 étapes

Faire un DUERP n’a rien d’insurmontable, même sans service RH. La démarche tient en cinq étapes : découper l’entreprise en activités, identifier les risques, les évaluer, décider des actions, puis dater et conserver.

Le tableau ci-dessous résume chaque étape. Le détail suit, puis un exemple complet pour un petit garage automobile.

ÉtapeQuestion à se poserCe que vous obtenez
1. ActivitésQuels groupes de salariés font le même travail ?La liste des activités
2. RisquesQu’est-ce qui peut blesser ou rendre malade, dans chaque activité ?L’inventaire des risques
3. ÉvaluationÀ quel point est-ce grave, et à quelle fréquence ?Un niveau : Faible, À surveiller, Prioritaire
4. ActionsQu’est-ce qui est déjà en place, que reste-t-il à faire ?La liste d’actions de prévention
5. ConservationQui doit le voir, où le garder ?Une version datée, conservée 40 ans

Étape 1 — Lister ses activités

Une activité (le Code du travail parle d’« unité de travail ») regroupe les salariés exposés aux mêmes risques (article R. 4121-1). Ce peut être un poste, un atelier, un métier ou une zone. Dans un restaurant, par exemple : la cuisine, la salle, la plonge, la réserve.

Le piège fréquent est de vouloir un découpage trop fin. Restez simple : quelques activités cohérentes valent mieux qu’une cartographie illisible.

Étape 2 — Identifier les risques de chaque activité

Pour chaque activité, passez en revue les sources d’exposition. Pensez à la manutention, aux postures, aux machines, aux risques routiers et aux risques psychosociaux.

Les outils sectoriels de l’INRS (OiRA) et les documents des CARSAT sont des références officielles pour savoir quels risques regarder. La brochure ED 840 de l’INRS aide aussi les PME à repérer leurs risques.

Ces outils orientent votre réflexion. C’est à vous de retenir les risques réellement présents chez vous.

Quelles familles de risques passer en revue ?

Pour ne rien oublier à l’étape 2, parcourez les grandes familles de risques, activité par activité. Chaque famille liée ci-dessous a son guide détaillé.

Famille de risquesExemples de situationsMétiers souvent concernés
Chutes de plain-pied et de hauteurSol gras, escabeau, escalier de caveRestaurant, BTP, commerce
Produits chimiques et poussièresDétergents, colorations, solvants, farineCoiffure, nettoyage, garage, boulangerie
Bruit au travailCompresseur, meuleuse, musique amplifiéeGarage, BTP, bar
VibrationsMarteau-piqueur, débroussailleuseBTP, paysagisme
Chaleur et froidFournil, cuisine, chambre froide, chantier l’étéBoulangerie, restauration, BTP
Agents biologiquesSoins, déchets, animaux, eaux uséesAide à domicile, vétérinaire, collecte
Incendie et explosionFriteuse, gaz, aérosols, poussièresRestaurant, boulangerie, garage
Travail isoléVeilleur de nuit, intervention seul chez un clientHôtel, sécurité, maintenance
Travail sur écranPoste mal réglé, journées entières sur ordinateurBureau, centre d’appels

Un oubli fréquent : les ambiances thermiques

Le Code du travail exige que l’inventaire couvre aussi les risques liés aux ambiances thermiques (article R. 4121-1). Chaleur des fours, travail en extérieur l’été, chambre froide : notez-les même s’ils vous semblent évidents.

Étape 3 — Évaluer le niveau de chaque risque

Évaluer un risque, c’est croiser sa gravité possible et la fréquence d’exposition. On en déduit un niveau : Faible, À surveiller ou Prioritaire. Cette évaluation n’a pas à être savante : elle sert à savoir par quoi commencer.

Des mesures efficaces déjà en place peuvent abaisser le niveau. Un risque grave mais bien maîtrisé n’appelle pas la même urgence qu’un risque grave sans protection.

Tenez compte aussi de l’impact différencié de l’exposition selon le sexe : port de charges, postures, agissements sexistes. L’évaluation doit l’intégrer depuis la loi du 4 août 2014 (article L. 4121-3 du Code du travail).

Étape 4 — Définir le plan (ou la liste) d’actions

À chaque risque significatif doit correspondre au moins une action de prévention. Ce peut être une mesure technique, une organisation, un équipement de protection, une formation ou une information.

La forme dépend de l’effectif. En dessous de 50 salariés, une liste des actions de prévention consignée dans le DUERP suffit (article L. 4121-3-1, III).

À partir de 50 salariés, il faut un programme annuel détaillé, le PAPRIPACT. Il précise pour chaque mesure ses conditions d’exécution, ses indicateurs et son coût estimé.

Étape 5 — Dater, faire vivre et conserver le document

Datez la version et mettez le document à disposition des salariés. Consultez le CSE s’il existe, puis conservez la version au moins 40 ans (article L. 4121-3-1, V).

Un avis affiché indique aux salariés comment accéder au document (article R. 4121-4). Le DUERP est aussi transmis au service de prévention et de santé au travail à chaque mise à jour (article L. 4121-3-1, VI).

Le DUERP n’est pas figé. Il se met à jour au moins une fois par an à partir de 11 salariés. Quel que soit l’effectif, il l’est aussi à chaque aménagement important ou risque nouveau.

Exemple de bout en bout : un garage de 4 salariés

Prenons un garage fictif : un gérant, deux mécaniciens, un carrossier et une personne à l’accueil. Voici comment le gérant déroule les cinq étapes.

Il retient quatre activités : atelier mécanique, levage et pneumatiques, carrosserie, accueil et essais. Il fait le tour de l’atelier avec l’équipe, carnet en main. Chacun signale ce qui l’a déjà gêné ou blessé.

Il évalue ensuite chaque risque avec deux questions : quelle gravité possible, et à quelle fréquence. Voici un extrait du résultat, à titre d’exemple.

ActivitéRisqueGravitéFréquenceNiveau
Atelier mécaniqueGaz d’échappement, moteur tournant en intérieurGraveSouventPrioritaire
Levage et pneumatiquesChute d’un véhicule mal caléGraveRarementÀ surveiller
Atelier mécaniqueBruit du compresseur et des clés à chocsSérieuxParfoisÀ surveiller
CarrosseriePoussières de ponçage, peinturesSérieuxParfoisÀ surveiller
Accueil et essaisAccident lors d’un essai sur routeGraveRarementÀ surveiller
Accueil et essaisStress lié aux délais et aux litigesSérieuxRarementFaible

Les actions décidées

Pour les gaz, il installe un enrouleur d’aspiration à l’échappement et limite le moteur tournant en intérieur. Pour le pont, il fait réaliser la vérification périodique et affiche les points de levage.

Chaque action reçoit un responsable et une échéance. Avec moins de 50 salariés, cette liste d’actions suffit.

La vie du document

Il date la version, affiche l’avis d’accès et transmet le document au service de santé au travail. Six mois plus tard, le garage commence à entretenir des véhicules électriques.

Ce changement impose une mise à jour : risque électrique, habilitation des mécaniciens, zone balisée. Le gérant ajoute les lignes et date la version 2.

Quelles erreurs éviter quand on fait son DUERP ?

Copier un document générique. Un DUERP qui ne parle pas de vos activités ne joue pas son rôle de prévention.

Lister sans décider. Un risque Prioritaire sans action ni échéance reste un simple constat.

Faire seul dans son bureau. Le CSE s’il existe et le service de santé au travail contribuent à l’évaluation (article L. 4121-3). Les salariés connaissent les presque-accidents.

Écraser l’ancienne version. Chaque version se conserve au moins 40 ans : on date la nouvelle, on garde l’ancienne.

Gagner du temps : partir d’une base pré-remplie par métier

L’étape la plus longue est presque toujours la première identification des risques. Partir d’une base de risques déjà identifiés pour votre métier, plutôt que d’une page blanche, fait gagner un temps considérable.

La règle reste la même : cette base est un point de départ. Vous vérifiez chaque risque, ajustez les niveaux à votre réalité et complétez ce qui manque. Vous restez l’auteur et le seul responsable de votre DUERP.

Les guides de ce dossier

Questions fréquentes

Peut-on faire son DUERP soi-même ?

Oui. L’employeur peut réaliser son DUERP lui-même, en s’aidant de son service de santé au travail ou d’un outil. Il reste dans tous les cas l’auteur et le seul responsable du document.

Qu’est-ce qu’une activité dans le DUERP ?

C’est un regroupement de salariés exposés aux mêmes risques : un poste, un atelier, un métier ou une zone de l’entreprise. Le Code du travail parle d’« unité de travail ».

Combien de temps faut-il pour faire un DUERP ?

Cela dépend de la taille et de l’activité. La saisie initiale des risques est l’étape la plus longue ; partir d’une base par métier la réduit fortement.

Faut-il un modèle pour faire son DUERP ?

Non. Aucun modèle n’est imposé ; un tableau par activité avec les risques, leur niveau et les actions suffit, à condition d’être daté et conservé.

Comment évaluer le niveau d’un risque dans le DUERP ?

En croisant la gravité possible du dommage et la fréquence d’exposition. On obtient un niveau, par exemple Faible, À surveiller ou Prioritaire, qui sert à décider par quoi commencer.

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Information générale sur le DUERP, rédigée à partir du Code du travail et vérifiée le 3 octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil juridique. DUERP-Rapide est un outil d’aide à la rédaction : vous restez l’auteur et le seul responsable de votre document.