1. Accueil
  2. Guides
  3. Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes
  4. Évaluer un risque du DUERP : gravité, fréquence, priorité
Faire son DUERP, étape par étape

Évaluer un risque du DUERP : gravité, fréquence, priorité

Mis à jour le

Deux cuisiniers souriants, un homme et une femme, devant le four d'une cuisine professionnelle
Photo : Andy Sartori / Unsplash

Évaluer un risque, c’est répondre à deux questions : si l’accident ou l’atteinte à la santé survient, à quel point est-ce grave ? Et à quelle fréquence les salariés y sont-ils exposés ? Le croisement des deux donne un niveau qui sert à décider par quoi commencer. Les mesures déjà en place peuvent abaisser ce niveau.

Ce guide fait partie du dossier Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes.

Pourquoi évaluer, et pas seulement lister

Le Code du travail demande à l’employeur d’évaluer les risques, pas seulement de les nommer (article L. 4121-3). L’évaluation a un but très concret : hiérarchiser. Une TPE ne peut pas tout traiter en même temps ; elle doit savoir quel risque mérite une action cette semaine et lequel peut attendre la prochaine mise à jour.

Il n’existe pas de méthode officielle. Celle qui suit, gravité × fréquence, est très répandue ; on la retrouve dans de nombreux outils, dont ceux de l’INRS.

Étape 1 : la gravité

La gravité décrit les conséquences les plus probables si le risque se réalise. Trois crans suffisent : bénin (une coupure superficielle, une gêne passagère), sérieux (un arrêt de travail, une douleur qui revient), grave (une fracture, une atteinte durable, un décès possible).

La gravité dépend surtout du danger lui-même : une chute de hauteur est grave, qu’elle ait lieu dans un salon ou sur un chantier. C’est pourquoi un outil peut vous la suggérer.

Étape 2 : la fréquence d’exposition

La fréquence décrit combien de fois les salariés se trouvent dans la situation dangereuse : rarement (quelques fois par an), parfois (chaque mois ou chaque semaine), souvent (tous les jours). C’est l’information que vous seul connaissez : deux restaurants de même taille n’ont pas la même exposition à la chaleur selon leur cuisine et leur rythme.

Étape 3 : croiser les deux

Le croisement donne un niveau de risque. La grille ci-dessous est celle qu’utilise DUERP-Rapide ; vous pouvez en adopter une autre, l’essentiel est de s’y tenir pour tous les risques.

Gravité \ FréquenceRarementParfoisSouvent
BéninFaibleFaibleÀ surveiller
SérieuxFaibleÀ surveillerPrioritaire
GraveÀ surveillerPrioritairePrioritaire

Étape 4 : tenir compte de ce qui est déjà en place

Le niveau obtenu ci-dessus est le risque brut, sans prévention. Si des mesures efficaces existent déjà, le risque réel est plus bas. Dans DUERP-Rapide, les mesures que vous cochez « en place » abaissent le niveau d’un cran quand elles couvrent bien le risque : c’est ce niveau résiduel qui figure dans le document.

Attention à l’honnêteté de l’exercice : une mesure « en place » doit l’être vraiment. Des gants rangés dans un placard que personne n’utilise ne sont pas une mesure.

Un exemple : les douleurs d’épaules en coiffure

Dans un salon, les coiffeuses travaillent bras levés plusieurs heures par jour. Gravité : sérieux, car les troubles musculo-squelettiques entraînent des arrêts et peuvent devenir chroniques. Fréquence : souvent. Niveau brut : prioritaire.

Le salon a des fauteuils réglables en hauteur, organise des pauses entre les clientes, et l’équipe a appris à régler les fauteuils. Ces mesures, réellement appliquées, couvrent bien le risque : le niveau passe à « À surveiller ». Reste à faire : prévoir des ciseaux ergonomiques au prochain achat et refaire le point dans un an.

Les erreurs fréquentes

Tout classer en prioritaire, ce qui revient à ne rien prioriser. Sous-évaluer les risques psychosociaux ou routiers parce qu’ils sont moins visibles. Oublier que l’exposition peut différer selon le sexe, ce que l’évaluation doit prendre en compte (article L. 4121-3). Enfin, évaluer une fois pour toutes : un niveau se réévalue à chaque mise à jour, après un accident ou un changement d’organisation.

Après l’évaluation : choisir les bonnes mesures

Le Code du travail fixe un ordre de préférence : d’abord supprimer le danger, puis le réduire à la source, puis protéger collectivement, et seulement ensuite protéger individuellement (principes généraux de prévention, article L. 4121-2). Un produit moins toxique vaut mieux qu’un masque ; un garde-corps vaut mieux qu’un harnais.

Questions fréquentes

Existe-t-il une méthode officielle d’évaluation des risques ?

Non. La loi impose d’évaluer, pas une méthode. Le croisement gravité × fréquence est la méthode la plus courante ; l’important est d’utiliser la même grille pour tous les risques.

Faut-il donner une note chiffrée à chaque risque ?

Ce n’est pas obligatoire. Des niveaux en mots, comme Faible, À surveiller et Prioritaire, sont souvent plus parlants pour une petite équipe qu’un score.

Qui doit évaluer les risques ?

L’employeur, qui reste responsable de l’évaluation. Il gagne à associer les salariés, qui connaissent les situations réelles, et peut s’appuyer sur son service de santé au travail.

Les mesures déjà prises comptent-elles ?

Oui. Le document doit montrer les mesures en place et celles qui restent à faire. Des mesures efficaces réduisent le niveau de risque réel.

À lire aussi

Prêt à faire votre DUERP ?

Créer mon DUERP Aperçu gratuit · 49 € TTC, une fois

Information générale sur le DUERP, rédigée à partir du Code du travail et vérifiée le 3 octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil juridique. DUERP-Rapide est un outil d’aide à la rédaction : vous restez l’auteur et le seul responsable de votre document.