1. Accueil
  2. Guides
  3. Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes
  4. Travail sur écran : l’évaluer dans le DUERP
Faire son DUERP, étape par étape

Travail sur écran : l’évaluer dans le DUERP

Mis à jour le

Employée souriante assise à son bureau devant un écran d'ordinateur dans un bureau clair
Photo : Vitaly Gariev / Unsplash

Le travail sur écran a des règles propres dans le Code du travail (articles R. 4542-1 à R. 4542-19). L’employeur analyse et évalue les risques des postes où un écran est utilisé de façon habituelle (article R. 4542-3). Il organise aussi des pauses ou changements d’activité (article R. 4542-4). Fatigue visuelle, TMS et surcharge numérique s’évaluent dans le DUERP.

Ce guide fait partie du dossier Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes.

Le travail sur écran doit-il figurer dans le DUERP ?

Oui. L’article R. 4121-1 impose un inventaire des risques dans chaque activité. Le Code du travail parle d’« unité de travail ». Les postes avec écran n’y échappent pas, même dans un petit bureau.

Le Code du travail prévoit aussi des règles spécifiques. Elles visent les salariés qui utilisent un écran de façon habituelle, pendant une partie non négligeable du temps de travail (article R. 4542-1). L’employeur analyse les conditions de travail de ces postes et corrige les risques constatés (article R. 4542-3).

Quels sont les risques du travail sur écran ?

Le premier est la fatigue visuelle : yeux secs, picotements, vision floue, maux de tête. Elle vient des reflets, d’un mauvais contraste ou d’un écran trop proche.

Selon l’INRS, la fatigue visuelle est en général réversible après une période de repos. Elle n’en gêne pas moins le travail et mérite d’être notée.

Viennent ensuite les troubles musculosquelettiques du cou, des épaules, du dos et des poignets. Ils sont favorisés par une posture figée et une souris tenue des heures. Notre guide sur les TMS dans le DUERP détaille ce risque.

Enfin, les outils numériques pèsent sur la charge mentale : interruptions, messages en continu, urgence permanente. Ce volet relève des risques psychosociaux.

Que prévoit le Code du travail pour les postes sur écran ?

Les articles R. 4542-1 à R. 4542-19 fixent des exigences sur le matériel, l’organisation et le suivi médical. Les principales sont reprises ci-dessous.

ObligationArticleEn pratique
Analyser et évaluer les risques de chaque posteR. 4542-3Une ligne par type de poste dans le DUERP
Interrompre le travail sur écran par des pauses ou changements d’activitéR. 4542-4Alterner saisie, téléphone, classement, déplacements
Écran net, stable, orientable, sans reflets gênantsR. 4542-6Écran réglable en hauteur, luminosité adaptée
Clavier inclinable, séparé de l’écran, avec appui pour les mainsR. 4542-7Clavier externe, même avec un ordinateur portable
Siège réglable, repose-pieds à la demandeR. 4542-9Fauteuil réglable en hauteur et en inclinaison
Informer et former avant l’affectation au posteR. 4542-16Réglages du poste, postures, pauses
Faire examiner par le médecin du travail un salarié qui se plaintR. 4542-18Orientation possible vers un examen ophtalmologique

Les lunettes spéciales

Le suivi médical peut montrer qu’une correction spéciale liée au poste est nécessaire. Elle est alors fournie sans charge financière pour le salarié (article R. 4542-19).

Comment régler un poste de travail sur écran ?

L’INRS donne des repères simples. L’écran se place à une distance d’environ un bras, soit 50 à 70 cm des yeux. Son bord supérieur se situe sous le niveau des yeux, un peu plus bas pour les verres progressifs.

Assis, les pieds reposent à plat, le dos est soutenu et les avant-bras s’appuient sur le bureau. Les épaules restent relâchées.

Pour un ordinateur portable utilisé longtemps, l’INRS recommande un écran, un clavier et une souris externes. Il conseille aussi des pauses actives, idéalement toutes les 30 minutes.

Quel éclairage pour travailler sur écran ?

L’éclairement doit être adapté à la nature et à la précision des travaux (article R. 4223-5). Le minimum est de 120 lux dans les locaux de travail et de 200 lux dans les locaux aveugles (article R. 4223-4).

L’employeur protège aussi les salariés contre l’éblouissement et la fatigue visuelle (article R. 4223-8). Pour un écran à fond clair, l’INRS cite un éclairage de 300 à 500 lux.

Placez l’écran de façon à éviter les reflets des fenêtres et des lampes. Des stores ou des rideaux réglables complètent l’aménagement.

Les équipements du poste ne doivent pas non plus produire un surcroît de chaleur gênant (article R. 4542-12). Pensez aux unités centrales et imprimantes regroupées dans un petit bureau.

Outils numériques : quel lien avec les risques psychosociaux ?

Messagerie, logiciels métier et téléphone peuvent morceler le travail. Le salarié est interrompu sans cesse ou sollicité hors de ses horaires. Ces situations s’évaluent avec les risques psychosociaux dans le DUERP.

Le droit à la déconnexion figure parmi les thèmes de la négociation annuelle (article L. 2242-17, 7°). Cette négociation concerne les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d’organisations représentatives (article L. 2242-1). Sans accord, l’employeur y élabore une charte après avis du CSE.

Une TPE sans section syndicale n’est pas tenue à cette négociation. Rien n’empêche de fixer des règles simples : pas de messages le soir, réponses différées, plages sans interruption.

Exemples de travail sur écran par métier

Ce tableau reprend des situations fréquentes dans les petites entreprises. Les mesures sont à adapter à vos locaux et à votre organisation.

MétierSituationMesures possibles
SecrétariatSaisie et messagerie la journée entière, écran face à la fenêtreÉcran perpendiculaire à la fenêtre, siège réglable, alternance des tâches
Agence (immobilière, voyage)Portable sur le bureau, téléphone coincé contre l’épauleÉcran et clavier externes, casque téléphonique, pauses actives
Accueil d’hôtelÉcran sur comptoir haut, travail debout, sollicitations simultanéesÉcran à hauteur des yeux, tabouret assis-debout, consignes pour les pics d’arrivée
Gestion de cabinetLogiciel de rendez-vous, appels et dossiers en parallèlePlages sans appels, double écran réglé, repose-pieds à la demande

Le cas de l’accueil

À la réception, l’écran se consulte souvent debout, entre deux clients. Le poste mérite sa propre ligne dans le DUERP d’un hôtel.

Évaluer le travail sur écran avec DUERP-Rapide

Décrivez chaque poste, sa durée sur écran et ses contraintes, puis retenez un niveau : Faible, À surveiller ou Prioritaire. Le cadre complet est décrit dans notre guide comment faire un DUERP.

DUERP-Rapide part du nom de votre entreprise ou de votre SIREN. Il propose les activités, les risques et les mesures courants de votre métier. Vous évaluez chaque situation et retenez les mesures qui vous correspondent.

L’aperçu est gratuit et sans compte ; le document coûte 49 € TTC, une fois. Vous restez l’auteur et le seul responsable de votre DUERP.

Questions fréquentes

Le travail sur écran doit-il figurer dans le DUERP ?

Oui. L’employeur analyse et évalue les risques des postes où un écran est utilisé de façon habituelle (articles R. 4542-1 et R. 4542-3 du Code du travail), et les inscrit dans le DUERP.

Les pauses sont-elles obligatoires quand on travaille sur écran ?

Le Code du travail impose d’interrompre périodiquement le travail sur écran par des pauses ou des changements d’activité (article R. 4542-4). Il ne fixe pas de durée précise ; l’INRS conseille des pauses actives, idéalement toutes les 30 minutes.

L’employeur doit-il payer des lunettes pour le travail sur écran ?

Seulement si le suivi médical montre qu’une correction spéciale liée au poste est nécessaire. Elle est alors fournie sans frais pour le salarié (article R. 4542-19).

Le droit à la déconnexion concerne-t-il toutes les entreprises ?

La négociation sur le droit à la déconnexion vise les entreprises dotées d’au moins une section syndicale d’organisation représentative (articles L. 2242-1 et L. 2242-17). Les autres peuvent fixer des règles internes, et la surcharge numérique reste un risque à évaluer.

À lire aussi

Prêt à faire votre DUERP ?

Créer mon DUERP Aperçu gratuit · 49 € TTC, une fois

Information générale sur le DUERP, rédigée à partir du Code du travail et vérifiée le 3 octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil juridique. DUERP-Rapide est un outil d’aide à la rédaction : vous restez l’auteur et le seul responsable de votre document.