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Travail isolé : comment l’évaluer dans le DUERP
Le Code du travail ne donne pas de définition générale du travail isolé. L’INRS le décrit comme une tâche réalisée seul, hors de vue et de portée de voix, avec peu de chances de visite. L’employeur doit pourtant l’évaluer dans le DUERP, au titre de son obligation de sécurité (articles L. 4121-1 à L. 4121-3), et organiser l’alerte et les secours.
Ce guide fait partie du dossier Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes.
Qu’est-ce que le travail isolé, juridiquement ?
Aucun article ne définit le travail isolé pour toutes les entreprises. La définition de référence vient de l’INRS. Travailler isolé, c’est travailler seul, sans pouvoir être vu ou entendu, là où la probabilité de visite est faible.
L’isolement n’est pas un danger en soi. Il aggrave les conséquences d’un autre risque : une chute, un malaise ou une agression devient grave si personne ne peut donner l’alerte.
Quelles règles spécifiques existent ?
En dehors de l’obligation générale de sécurité, quelques textes visent des situations précises. Ils montrent la logique attendue : pouvoir alerter, être secouru vite, et ne pas faire seul certaines tâches.
Ces textes visent des métiers ou des situations précis. Pour la plupart des TPE, c’est donc l’évaluation des risques qui fixe les mesures, sous la responsabilité de l’employeur.
| Texte | Situation visée | Ce qu’il prévoit |
|---|---|---|
| Art. L. 4121-1 à L. 4121-3 | Toutes les entreprises | Évaluer les risques, y compris ceux aggravés par l’isolement, et prendre les mesures nécessaires |
| Art. R. 4543-19 | Interventions sur ascenseurs et équipements élévateurs | Le travailleur isolé doit pouvoir signaler une détresse et être secouru dans les meilleurs délais |
| Art. R. 4543-20 | Même champ | Interdit au travailleur isolé, notamment, le port manuel de plus de 30 kg et les travaux sous protection respiratoire isolante ou filtrante à ventilation assistée |
| Art. R. 4512-13 | Entreprise extérieure intervenant de nuit ou en lieu isolé | Personne ne doit travailler isolément là où il ne pourrait être secouru à bref délai |
Votre TPE est-elle concernée par le travail isolé ?
Très souvent, oui. Dans une petite équipe, chacun travaille seul à un moment de la journée.
Les cas typiques : ouvrir ou fermer seul un commerce, faire le ménage hors des heures d’ouverture, livrer, intervenir chez un client. La garde d’un site la nuit en fait partie. Un artisan qui envoie un salarié seul sur un petit chantier est aussi concerné, même pour une demi-journée.
Le travail isolé peut être régulier ou occasionnel. Les deux doivent être évalués, car l’occasionnel est souvent le moins préparé. Le télétravail à domicile pose la même question d’alerte.
Comment repérer les situations de travail isolé ?
Listez, pour chaque activité, les moments où un salarié est seul : ouverture, fermeture, nuit, intervention chez un client, chantier éloigné. Notez aussi la durée et les tâches réalisées à ce moment-là.
Posez ensuite trois questions : que peut-il arriver, qui s’en rendrait compte et en combien de temps, comment les secours arriveraient-ils ? Les réponses donnent le niveau, de Faible à Prioritaire, selon la méthode pour évaluer un risque du DUERP.
Exemples : hôtel, paysage, ferme, aide à domicile
Les quatre cas ci-dessous sont fréquents dans les TPE. L’isolement s’y combine avec des risques différents.
Le veilleur de nuit d’un hôtel
Seul à la réception, il accueille des arrivées tardives et parfois des clients alcoolisés. Les risques sont l’agression et le malaise sans secours rapide, à traiter dans le DUERP d’un hôtel.
Le paysagiste seul sur un chantier
Débroussailleuse, tronçonneuse ou tondeuse sur talus, sur un terrain éloigné : une coupure ou un renversement peut rester sans témoin. Le DUERP d’un paysagiste doit le prévoir.
L’agriculteur ou le salarié agricole
Travail seul au champ, à l’étable ou au silo, souvent loin de l’habitation, avec des engins et des animaux. Un tracteur renversé ou une chute dans un silo peut rester des heures sans témoin. La MSA est l’interlocuteur prévention de ce secteur.
L’aide à domicile
Elle intervient seule chez des particuliers, parfois tôt ou tard, dans des logements isolés. Les risques sont la chute, le malaise et les violences, auxquels s’ajoute la charge émotionnelle. Une visite du domicile avant la première intervention aide à repérer les situations délicates.
Quelles mesures mettre en place ?
L’INRS insiste sur un point : la prévention ne doit pas se limiter à un appareil d’alarme. Il faut d’abord réduire l’isolement et les tâches dangereuses faites seul.
Organisation
Réserver à deux les tâches les plus dangereuses. Faire connaître à un tiers les horaires et lieux d’intervention. Prévoir un appel de contrôle à heure fixe.
Moyens d’alerte (DATI ou PTI)
Le dispositif d’alarme pour travailleur isolé (DATI), aussi appelé PTI, déclenche une alerte manuelle ou automatique. Certains modèles détectent une chute ou une absence de mouvement. Vérifiez la couverture réseau des lieux, qui reçoit l’alerte et comment l’appareil est testé.
Procédures et formation
Une procédure écrite indique les numéros d’urgence, la personne d’astreinte et la conduite à tenir. Une formation de sauveteur secouriste du travail (SST) reste utile, même seul. Expliquez la procédure à chaque nouvel arrivant, intérimaire ou saisonnier compris.
Comment l’écrire dans le DUERP ?
Inscrivez le travail isolé dans chaque activité concernée. Nommez le risque aggravé : « malaise sans secours rapide », « agression au poste de nuit ». Ajoutez ensuite les mesures et leur statut dans votre plan d’action du DUERP.
N’oubliez pas l’isolement relationnel : un salarié souvent seul peut souffrir d’un manque de soutien. Ce point rejoint les risques psychosociaux dans le DUERP.
Évaluer le travail isolé avec DUERP-Rapide
DUERP-Rapide part du nom de votre entreprise ou de votre SIREN. Il propose les activités, les risques et les mesures courants de votre métier, dont les situations de travail seul. Vous évaluez chaque risque et choisissez les mesures adaptées.
La démarche d’ensemble est décrite dans le guide comment faire un DUERP.
L’aperçu est gratuit et sans compte ; le document coûte 49 € TTC, une fois. Vous restez l’auteur et le seul responsable de votre DUERP.
Questions fréquentes
Le travail isolé est-il interdit en France ?
Non, il n’est pas interdit de manière générale. Certaines tâches ne peuvent pas être faites seul dans des cas précis, par exemple certaines interventions sur ascenseurs (article R. 4543-20 du Code du travail).
Un DATI ou un PTI est-il obligatoire ?
Aucun texte général ne l’impose. C’est une mesure possible parmi d’autres, que l’employeur retient selon son évaluation des risques.
Un veilleur de nuit seul doit-il apparaître dans le DUERP ?
Oui. Le poste de nuit doit être évalué, notamment pour l’agression et le malaise sans secours rapide, avec les mesures d’alerte prévues.
Qui définit le travail isolé ?
Le Code du travail ne le définit pas de manière générale. L’INRS le décrit comme une tâche réalisée seul, sans pouvoir être vu ou entendu, avec une faible probabilité de visite.
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Information générale sur le DUERP, rédigée à partir du Code du travail et vérifiée le 3 octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil juridique. DUERP-Rapide est un outil d’aide à la rédaction : vous restez l’auteur et le seul responsable de votre document.