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Risques psychosociaux dans le DUERP : comment les intégrer
Les risques psychosociaux (stress, épuisement, violences, harcèlement) doivent figurer dans le DUERP comme les autres risques : l’obligation de sécurité de l’employeur couvre la santé physique et mentale (article L. 4121-1 du Code du travail). On les évalue à partir de situations de travail concrètes, activité par activité, jamais à partir de l’état de santé des personnes.
Ce guide fait partie du dossier Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes.
Pourquoi les RPS sont obligatoires dans le DUERP
L’employeur doit protéger « la santé physique et mentale » des travailleurs (article L. 4121-1). Les risques psychosociaux font donc partie de l’évaluation, au même titre que les chutes ou le bruit, et doivent apparaître dans le document unique avec leurs actions de prévention.
Ils sont souvent oubliés dans les petites entreprises, parce qu’on les croit réservés aux grands groupes. C’est l’inverse : dans une équipe de cinq, une surcharge ou un conflit pèse sur tout le monde. Ils suivent la méthode générale du DUERP, activité par activité.
Les 6 familles de facteurs à passer en revue
Les préventeurs s’appuient sur six familles de facteurs, issues des travaux du collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail (rapport Gollac, 2011). Elles servent de check-list pour chaque activité.
| Famille de facteurs | Exemple en TPE |
|---|---|
| Intensité et temps de travail | Coup de feu du service, horaires coupés, heures supplémentaires régulières |
| Exigences émotionnelles | Clients agressifs, contact avec la souffrance (aide à domicile, EHPAD) |
| Manque d’autonomie | Cadences imposées, aucune marge sur l’organisation de sa journée |
| Rapports sociaux dégradés | Conflits dans l’équipe, manque de reconnaissance, harcèlement |
| Conflits de valeurs | Devoir bâcler un travail, vendre ce qu’on juge inutile |
| Insécurité de la situation de travail | Contrats courts, saisonnalité, crainte pour l’avenir de l’entreprise |
Comment les repérer dans une petite entreprise
Pas besoin de questionnaire savant. Trois sources suffisent pour commencer : ce que vous observez (tensions, retards, erreurs inhabituelles), ce que disent les salariés quand on leur pose la question en tête à tête ou en réunion, et quelques indicateurs simples, comme les arrêts de travail répétés, les départs ou les plaintes de clients.
Pour aller plus loin, l’INRS propose deux outils gratuits : « Faire le point RPS », un questionnaire d’une quarantaine de questions conçu pour les entreprises de moins de 50 salariés, et l’outil RPS-DU (référence ED 6403) pour les structures plus grandes.
Des exemples par métier
Les RPS ont des visages différents selon l’activité. Ce sont ces situations concrètes qui doivent figurer dans le DUERP. Le télétravail et le travail sur écran prolongé ajoutent les leurs : isolement, hyperconnexion, charge mentale.
Restauration
Pression du service, horaires décalés et coupés, travail le week-end, clients mécontents. Mesures possibles : plannings connus à l’avance, temps de pause réel entre deux services, consigne claire face à un client agressif.
Hôtellerie
Travail de nuit et seul à la réception, gestion des réclamations, cadences en étages. Mesures possibles : procédure et moyen d’alerte pour le veilleur de nuit, nombre de chambres par personne réaliste.
Coiffure et commerce
Exigence de disponibilité, enchaînement des clients sans pause, tensions avec certains clients. Mesures possibles : planning qui protège la pause déjeuner, règles de prise de rendez-vous.
Bâtiment
Délais serrés, travail isolé sur chantier, déplacements longs. Mesures possibles : planning de chantier réaliste, liaison régulière avec le salarié isolé.
Ce qu’il ne faut pas faire
Ne mettez aucun nom ni aucune information médicale dans le DUERP. On évalue des situations de travail, pas des personnes : « travail seul la nuit à la réception » est une ligne du document, « Paul est stressé » n’en est pas une.
Ne réduisez pas la prévention à des actions individuelles, comme un atelier de gestion du stress. Les mesures les plus efficaces portent sur l’organisation du travail : charge, horaires, moyens, règles claires.
Harcèlement et agissements sexistes
Le harcèlement sexuel et les agissements sexistes font partie des risques à évaluer, en tenant compte de l’impact différencié selon le sexe (article L. 4121-3). Dans le document, cela passe par des situations à risque (travail isolé avec la clientèle, soirées d’entreprise) et des mesures : information des salariés, procédure de signalement, réaction rapide de l’employeur.
Questions fréquentes
Les risques psychosociaux sont-ils obligatoires dans le DUERP ?
Oui. L’employeur doit protéger la santé physique et mentale des salariés (article L. 4121-1). Les RPS font partie de l’évaluation et du document unique.
Comment évaluer un risque psychosocial ?
Comme les autres : à partir d’une situation de travail concrète, en estimant la gravité possible et la fréquence d’exposition, puis en listant les mesures en place et à prévoir.
Existe-t-il un outil gratuit pour les RPS en TPE ?
Oui. L’INRS propose « Faire le point RPS », un questionnaire en ligne d’une quarantaine de questions conçu pour les entreprises de moins de 50 salariés.
Peut-on citer un salarié en difficulté dans le DUERP ?
Non. Le DUERP décrit des situations de travail, jamais des personnes ni leur état de santé. Ces informations relèvent du médecin du travail.
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Information générale sur le DUERP, rédigée à partir du Code du travail et vérifiée le 3 octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil juridique. DUERP-Rapide est un outil d’aide à la rédaction : vous restez l’auteur et le seul responsable de votre document.