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Chutes de plain-pied et de hauteur dans le DUERP
Les chutes de plain-pied représentent 11 % des accidents du travail et les chutes de hauteur sont la deuxième cause de mortalité au travail, selon l’Assurance maladie – Risques professionnels (septembre 2025). Le DUERP doit les évaluer activité par activité (article R. 4121-1 du Code du travail). Pour les travaux en hauteur, les articles R. 4323-58 et suivants placent la protection collective avant l’équipement individuel.
Ce guide fait partie du dossier Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes.
Pourquoi les chutes doivent-elles figurer dans le DUERP ?
L’article R. 4121-1 impose un inventaire des risques dans chaque activité de l’entreprise. Le Code du travail parle d’« unité de travail ». Les chutes y ont presque toujours leur place, car elles concernent tous les métiers, du bureau au chantier.
Les chiffres le confirment. Selon l’Assurance maladie – Risques professionnels (campagne de septembre 2025), les chutes de plain-pied sont la deuxième cause d’accidents du travail. Elles pèsent aussi 15 % des incapacités permanentes les plus graves.
Les chutes de hauteur sont moins fréquentes, mais plus graves. Elles sont la deuxième cause de mortalité au travail, après le risque routier, et la troisième cause d’incapacité permanente, selon la même source.
Chute de plain-pied ou chute de hauteur : quelle différence ?
La chute de plain-pied se produit sur une surface plane : on glisse, on trébuche, on se tord la cheville. La chute de hauteur implique une différence de niveau, même faible : marche, quai, escabeau, toiture.
Les deux se traitent dans des lignes distinctes du DUERP. Leurs causes et leurs mesures ne sont pas les mêmes.
| Type de chute | Causes fréquentes | Exemples de situations |
|---|---|---|
| Plain-pied | Sol mouillé ou gras, encombrement, câbles, mauvais éclairage, précipitation | Cuisine en plein service, réserve encombrée, parking verglacé |
| Hauteur | Absence de garde-corps, échelle instable, trémie ouverte, surface fragile | Escalier de cave, mezzanine de stockage, toiture, remorque agricole |
| Chute d’objets | Stockage en hauteur mal arrimé, outils posés en bord de plancher | Rayonnages surchargés, échafaudage sans plinthe |
Que dit le Code du travail sur les travaux en hauteur ?
Les règles figurent aux articles R. 4323-58 et suivants du Code du travail. Principe de base : les travaux temporaires en hauteur se font depuis un plan de travail sûr. Il est conçu, installé ou équipé pour préserver la santé et la sécurité des salariés (article R. 4323-58).
La protection collective d’abord
La chute est d’abord empêchée par des garde-corps rigides, placés entre 1 m et 1,10 m (article R. 4323-59). Ils comportent une plinthe, une main courante et une lisse intermédiaire. À défaut, des filets ou dispositifs de recueil souples limitent la chute à 3 mètres (article R. 4323-60).
Le harnais ne vient qu’en dernier recours (article R. 4323-61). Le salarié ne doit alors jamais travailler seul, pour pouvoir être secouru rapidement.
L’échelle n’est pas un poste de travail
L’article R. 4323-63 interdit d’utiliser échelles, escabeaux et marchepieds comme poste de travail. Une exception existe si la protection collective est techniquement impossible. Elle vaut aussi pour des travaux courts, non répétitifs, quand l’évaluation montre un risque faible.
En pratique, une plateforme individuelle roulante ou un escabeau à plateforme avec garde-corps remplace souvent l’échelle.
Comment prévenir les chutes de plain-pied ?
Les lieux de travail doivent permettre une circulation sûre des piétons (article R. 4224-3). Quatre leviers couvrent la plupart des situations : les sols, l’éclairage, le rangement et les escaliers.
Côté sols, choisissez un revêtement antidérapant adapté à l’activité et nettoyez avec la bonne méthode. Signalez une zone mouillée, ou mieux, nettoyez hors présence des salariés.
L’éclairage a des minimums réglementaires (article R. 4223-4). Le rangement libère les passages : cartons, câbles et seaux sont des pièges classiques.
| Zone | Éclairement minimal (R. 4223-4) | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Voies de circulation intérieures | 40 lux | Couloirs de service, accès à la réserve |
| Escaliers et entrepôts | 60 lux | Escalier de cave, chambre froide, stockage |
| Locaux de travail | 120 lux | Cuisine, atelier, salon |
| Zones extérieures de circulation | 10 lux | Parking, cour, accès livraison en hiver |
Les escaliers
Nez de marche antidérapants, main courante, éclairage à détection et marches dégagées. On ne descend pas un escalier les bras chargés au point de ne plus voir ses pieds.
Exemples de risques de chute par métier
Les situations changent d’un métier à l’autre. Ce tableau reprend des cas fréquents dans les petites entreprises.
| Métier | Situation | Mesures possibles |
|---|---|---|
| Restaurant | Sol gras devant le piano, sortie de plonge mouillée | Sol antidérapant, caillebotis, dégraissage quotidien, chaussures antidérapantes |
| Hôtel | Escaliers de service avec linge ou plateaux | Main courante, éclairage, chariot ou monte-charge, linge en petits volumes |
| BTP | Bord de dalle, trémie, échafaudage, toiture | Garde-corps, échafaudage monté et vérifié, filets, harnais en dernier recours |
| Paysagiste | Taille de haies hautes, élagage, terrain en pente | Nacelle ou plateforme, taille-haie à perche, chaussures crantées |
| Agriculture | Remorque, fenil, silo, marchepied de tracteur | Accès fixes avec garde-corps, trappes fermées, trois points d’appui |
Le cas des cuisines
Dans une cuisine de restaurant, eau, graisse et précipitation se cumulent pendant le service. C’est souvent l’un des premiers risques du DUERP d’un restaurant.
Comment écrire un risque de chute dans le DUERP ?
Décrivez une situation précise plutôt qu’un risque général. « Glissade sur le carrelage de la plonge pendant le service du soir » permet d’agir, « risque de chute » non.
Indiquez ensuite le niveau retenu : Faible, À surveiller ou Prioritaire. La méthode est détaillée dans notre guide pour évaluer un risque du DUERP. Une chute de plus de deux mètres sans protection relève presque toujours du niveau Prioritaire.
Notez enfin les mesures en place et celles à faire, avec un responsable et une échéance. Elles alimentent votre plan d’action du DUERP.
Que faire après une chute ?
Une chute, même sans gravité, signale un risque mal maîtrisé. Elle justifie de revoir la ligne concernée du DUERP.
Les étapes à suivre sont décrites dans notre guide sur l’accident du travail et le DUERP. Notez aussi les presque-chutes : une glissade rattrapée de justesse annonce souvent l’accident suivant.
Évaluer les chutes de votre métier avec DUERP-Rapide
DUERP-Rapide part du nom de votre entreprise ou de votre SIREN. Il propose les activités, les risques et les mesures courants de votre métier, dont les chutes. Vous évaluez chaque situation et retenez les mesures qui correspondent à votre réalité.
Le cadre complet est décrit dans notre guide comment faire un DUERP.
L’aperçu est gratuit et sans compte ; le document coûte 49 € TTC, une fois. Vous restez l’auteur et le seul responsable de votre DUERP.
Questions fréquentes
Le risque de chute doit-il figurer dans le DUERP ?
Oui, dès qu’une activité expose les salariés à une glissade, un trébuchement ou une différence de niveau. L’employeur doit évaluer tous les risques de chaque activité (article R. 4121-1 du Code du travail).
Peut-on travailler sur une échelle ?
En principe non : l’article R. 4323-63 interdit d’utiliser une échelle comme poste de travail. C’est admis seulement si la protection collective est impossible, ou pour des travaux courts et non répétitifs à risque faible.
Quelle est la part des chutes dans les accidents du travail ?
Les chutes de plain-pied représentent 11 % des accidents du travail, selon l’Assurance maladie – Risques professionnels (septembre 2025). Les chutes de hauteur sont la deuxième cause de mortalité au travail.
Le harnais suffit-il pour travailler en hauteur ?
Non. Le Code du travail impose d’abord des garde-corps ou des filets ; le harnais n’intervient qu’en dernier recours, jamais pour un salarié seul (articles R. 4323-59 à R. 4323-61).
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Information générale sur le DUERP, rédigée à partir du Code du travail et vérifiée le 3 octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil juridique. DUERP-Rapide est un outil d’aide à la rédaction : vous restez l’auteur et le seul responsable de votre document.