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Risque biologique : agents infectieux et DUERP
Le Code du travail classe les agents biologiques en quatre groupes, selon le danger d’infection et de propagation (article R. 4421-3). Pour toute activité pouvant exposer les salariés, l’employeur détermine la nature, la durée et les conditions de l’exposition (article R. 4423-1). Bactéries, virus, parasites et moisissures s’évaluent ainsi dans le DUERP, activité par activité.
Ce guide fait partie du dossier Comment faire un DUERP ? Méthode en 5 étapes.
Qu’est-ce que le risque biologique au travail ?
Ce sont les risques liés aux bactéries, virus, champignons et parasites présents dans l’activité. Les règles s’appliquent dès que la nature de l’activité peut exposer les salariés à des agents biologiques (article R. 4421-1).
Selon l’INRS, l’agent passe d’un réservoir au salarié : personne, animal, sol, eau, déchets. La transmission se fait par l’air, les mains, la peau ou une piqûre. Les effets vont de l’infection à l’allergie, voire à des effets toxiques. En cabinet dentaire, les aérosols et les instruments piquants en sont les exemples les plus courants.
La plupart des TPE n’utilisent pas d’agents biologiques volontairement. Elles y sont exposées sans le vouloir, au contact du public, des animaux ou des déchets.
Dans ce cas, certaines obligations lourdes ne s’appliquent pas si l’évaluation ne montre pas de risque spécifique (article R. 4421-1). L’évaluation reste, elle, toujours nécessaire.
Quels sont les quatre groupes d’agents biologiques ?
L’article R. 4421-3 du Code du travail classe les agents biologiques selon leur danger. L’évaluation s’appuie sur ce classement (article R. 4423-2).
| Groupe (R. 4421-3) | Caractéristiques | Repère |
|---|---|---|
| Groupe 1 | Non susceptible de provoquer une maladie chez l’homme | Pas de risque infectieux |
| Groupe 2 | Peut provoquer une maladie ; propagation peu probable ; prévention ou traitement efficace | Cas le plus fréquent en TPE |
| Groupe 3 | Peut provoquer une maladie grave ; propagation possible ; prévention ou traitement en général efficace | Danger sérieux |
| Groupe 4 | Provoque des maladies graves ; propagation élevée ; en général ni prévention ni traitement efficace | Exceptionnel hors milieu spécialisé |
Comment évaluer le risque biologique dans le DUERP ?
Identifiez d’abord les réservoirs de chaque activité : personnes soignées, enfants, animaux, sols, déchets, linge souillé. Notez ensuite le mode de transmission, la durée et les salariés exposés (article R. 4423-1).
L’évaluation tient compte des maladies professionnelles possibles et des effets allergisants ou toxiques (article R. 4423-2). Elle permet aussi de repérer les salariés qui ont besoin d’une protection particulière (article R. 4426-6).
Retenez enfin un niveau : Faible, À surveiller ou Prioritaire. La méthode est détaillée dans notre guide pour évaluer un risque du DUERP.
Exemples de risque biologique par métier
Ce tableau reprend des situations fréquentes dans les petites entreprises. Elles sont à adapter à votre activité réelle.
| Métier | Situation | Mesures possibles |
|---|---|---|
| Aide à domicile, EHPAD | Toilette, change, linge souillé, personne malade | Hygiène des mains, gants à usage unique, sacs à linge fermés, consignes en période d’épidémie |
| Crèche | Changes, mouchage, maladies infantiles | Lavage des mains, tables à langer nettoyées, information des salariées enceintes |
| Coiffure | Petites coupures au rasoir ou aux ciseaux, mycoses du cuir chevelu | Lames à usage unique, désinfection des outils, conduite à tenir en cas de coupure |
| Agriculture | Contact avec les animaux, urine de rongeurs, eau stagnante | Gants et bottes, plaies couvertes, lutte contre les rongeurs |
| Paysagiste | Hautes herbes, sous-bois, haies : piqûres de tiques | Vêtements couvrants, répulsif, inspection du corps après le chantier, tire-tique |
| Nettoyage | Sanitaires, poubelles, seringues abandonnées | Pince de ramassage, collecteur pour objets piquants, gants résistants |
Les zoonoses en agriculture et en espaces verts
La leptospirose se transmet surtout par l’urine de rongeurs, via l’eau ou la terre humide et une plaie. La maladie de Lyme se transmet par piqûre de tique : une rougeur qui s’étend autour de la piqûre doit conduire à consulter. L’exemple de DUERP pour un agriculteur montre comment noter ces situations.
Coupures et piqûres
Une piqûre par une seringue abandonnée est un accident d’exposition au sang. On lave à l’eau et au savon, on désinfecte, puis on consulte sans attendre un médecin, en général aux urgences : un traitement préventif peut être nécessaire dans les heures qui suivent. Prévoyez cette conduite à tenir par écrit.
Restauration : hygiène alimentaire ou risque pour les salariés ?
Les deux sont différents. L’hygiène alimentaire et la méthode HACCP protègent d’abord les clients contre les intoxications. Elles relèvent de la réglementation sanitaire, pas du DUERP.
Le risque biologique des salariés concerne leur propre santé : coupure avec une viande crue, déchets, bacs à graisse, nuisibles. C’est lui qui figure dans le DUERP, souvent au niveau Faible ou À surveiller.
Les deux démarches se recoupent sur certains gestes, comme le lavage des mains. Elles restent tenues dans des documents distincts.
Quelles mesures de prévention prévoir ?
L’employeur prend des mesures pour supprimer ou réduire au minimum le risque, selon les principes de l’article L. 4121-2 (article R. 4422-1). Quand c’est possible, il remplace un agent dangereux par un agent moins dangereux (article R. 4424-1).
L’INRS propose d’agir sur trois maillons : le réservoir, la transmission et le salarié. Par exemple : nettoyage et lutte contre les nuisibles ; matériel à usage unique ; équipements de protection, points d’eau et formation.
Des consignes écrites précisent la conduite à tenir en cas d’accident ou d’incident grave mettant en cause un agent biologique pathogène (article R. 4425-1). Affichez-les là où le risque existe, par exemple près du collecteur à aiguilles.
Quelles vaccinations l’employeur doit-il prévoir ?
Sur proposition du médecin du travail, l’employeur recommande aux salariés non immunisés les vaccinations appropriées. Elles sont réalisées à sa charge (article R. 4426-6). Ces vaccinations sont recommandées, et non imposées, hors obligation prévue par le Code de la santé publique.
Le Code de la santé publique rend certaines vaccinations obligatoires pour les personnes qui exercent dans certains établissements de prévention, de soins ou d’hébergement de personnes âgées et y sont exposées à un risque de contamination (article L. 3111-4). La liste des vaccins et des établissements concernés évolue : vérifiez-la avec le médecin du travail.
Si l’évaluation révèle un risque d’exposition à la rubéole ou à la toxoplasmose, une salariée enceinte ne doit pas y être exposée, sauf preuve de son immunité (article D. 4152-3). Cela concerne notamment les crèches et le contact avec les animaux.
Évaluer le risque biologique avec DUERP-Rapide
DUERP-Rapide part du nom de votre entreprise ou de votre SIREN. Il propose les activités, les risques et les mesures courants de votre métier, dont le risque biologique. Vous évaluez chaque situation et retenez les mesures qui vous correspondent.
Le cadre complet est décrit dans notre guide comment faire un DUERP. Pour les produits d’entretien et désinfectants, voyez aussi le risque chimique dans le DUERP.
L’aperçu est gratuit et sans compte ; le document coûte 49 € TTC, une fois. Vous restez l’auteur et le seul responsable de votre DUERP.
Questions fréquentes
Le risque biologique doit-il figurer dans le DUERP ?
Oui, dès qu’une activité peut exposer les salariés à des agents biologiques. L’employeur détermine alors la nature, la durée et les conditions de l’exposition (article R. 4423-1 du Code du travail).
Combien y a-t-il de groupes d’agents biologiques ?
Quatre, classés du groupe 1, sans risque de maladie, au groupe 4, le plus dangereux (article R. 4421-3 du Code du travail).
L’employeur peut-il imposer un vaccin à un salarié ?
En règle générale, non : il recommande les vaccinations proposées par le médecin du travail et les prend en charge (article R. 4426-6). Des vaccinations sont obligatoires pour certains professionnels exposés, notamment en établissement de soins ou d’hébergement de personnes âgées (article L. 3111-4 du Code de la santé publique).
L’hygiène alimentaire HACCP remplace-t-elle le risque biologique du DUERP ?
Non. L’hygiène alimentaire protège les clients ; le DUERP évalue les risques pour la santé des salariés, comme une coupure ou le contact avec des déchets.
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Information générale sur le DUERP, rédigée à partir du Code du travail et vérifiée le 3 octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil juridique. DUERP-Rapide est un outil d’aide à la rédaction : vous restez l’auteur et le seul responsable de votre document.