Modèle de DUERP : exemple et trame à remplir
Un DUERP type se présente sous forme d’un tableau organisé par activité : pour chaque activité, la liste des risques identifiés, leur niveau, les mesures déjà en place et les actions à faire, le tout daté et conservé en versions successives. La loi n’impose aucun modèle officiel : c’est le contenu — l’inventaire des risques réels — qui compte, pas la forme.
À quoi ressemble un DUERP ?
Il n’existe pas de formulaire officiel à remplir. Un DUERP est avant tout un tableau structuré par activité, qui relie chaque risque à son niveau et aux actions prévues pour le réduire. La forme est libre, du moment qu’elle reste lisible et qu’elle garde la trace des versions successives.
Papier, tableur, traitement de texte ou outil en ligne : tout support est admis. Ce qui n’est pas admis, c’est un document générique qui ne dit rien de votre entreprise.
La structure type d’un DUERP
Un DUERP comprend en général : une page d’identification (entreprise, date de la version, historique des révisions) ; le cœur du document, un tableau par activité ; et la liste des actions de prévention (ou le programme annuel à partir de 50 salariés).
La page d’identification
Raison sociale, adresse de l’établissement, effectif, date de la version et dates des versions précédentes. C’est cette page qui prouve, en cas de contrôle, que le document existe et qu’il a été tenu à jour.
Le tableau par activité
Pour chaque activité (le Code du travail parle d’« unité de travail »), le tableau détaille la situation de travail, le risque correspondant et sa famille, le niveau évalué, les mesures déjà en place, et les actions restant à faire avec un responsable et une échéance.
Les mesures, par niveau d’action
Les mesures se classent en quatre familles, de la plus efficace à la plus individuelle : technique et collective (une hotte, un garde-corps), organisation (rotation des tâches, consignes), équipement individuel (gants, chaussures), formation et information. Un bon DUERP combine plusieurs familles pour un même risque.
Exemple : le tableau d’une boulangerie
Voici à quoi peut ressembler un extrait de DUERP pour une boulangerie-pâtisserie de quatre salariés, avec trois activités : le fournil, le laboratoire de pâtisserie et la vente. Les niveaux et les mesures sont donnés à titre d’exemple : dans votre entreprise, c’est votre évaluation qui compte.
| Activité | Risque | Niveau | Mesures en place | Action à faire |
|---|---|---|---|---|
| Fournil | Brûlures (four, plaques, vapeur) | Prioritaire | Gants anti-chaleur, consignes d’enfournement | Remplacer les maniques usées, former le nouvel apprenti |
| Fournil | Inhalation de farine (asthme du boulanger) | Prioritaire | Pétrin à couvercle, nettoyage à l’aspirateur | Installer une aspiration au poste de pesée, supprimer le balai |
| Fournil | Manutention (sacs de 25 kg, bacs de pâte) | À surveiller | Sacs stockés à hauteur, diable disponible | Passer aux sacs de 10 kg pour les farines spéciales |
| Fournil | Travail de nuit et horaires décalés | À surveiller | Planning connu 15 jours à l’avance | Organiser un entretien annuel sur la fatigue avec chaque salarié |
| Laboratoire | Coupures (couteaux, batteur, trancheuse) | À surveiller | Lames rangées, protège-lames sur le batteur | Remplacer la trancheuse sans carter |
| Laboratoire | Chutes de plain-pied (sol gras, eau) | À surveiller | Chaussures antidérapantes fournies | Poser un revêtement antidérapant devant la plonge |
| Vente | Postures debout prolongées | Faible | Tapis anti-fatigue derrière le comptoir | Prévoir un siège assis-debout pour les creux |
| Vente | Agression ou incivilité (caisse, fin de journée) | Faible | Fond de caisse limité, deux personnes à la fermeture | Afficher la procédure en cas d’agression, en parler en réunion |
Comment lire ce tableau
Chaque ligne dit où, quoi, à quel point, ce que l’on fait déjà et ce que l’on va faire. La colonne « Action à faire » est celle qui vit : une fois l’action réalisée, elle passe dans « Mesures en place » à la version suivante, et le niveau peut baisser. Huit lignes justes valent mieux qu’une liste copiée d’un modèle et jamais relue.
Modèle vierge ou base pré-remplie par métier ?
Un modèle vierge a un mérite : il est gratuit et universel. Son défaut : il vous laisse devant une page blanche, à inventer la liste des risques de votre métier, ce qui est précisément l’étape la plus longue et la plus facile à bâcler.
Une base pré-remplie par métier inverse le problème : elle vous propose les risques courants de votre activité comme point de départ. Vous gagnez du temps, à condition de vérifier et d’ajuster chaque risque et son niveau à votre situation réelle. Dans les deux cas, le document final reste le vôtre : vous en êtes l’auteur et le seul responsable.
Les pièges du modèle téléchargé
Le document rempli « pour faire bien », avec des risques qui n’existent pas chez vous et sans ceux qui existent ; le document jamais daté, ou écrasé à chaque modification ; le tableau sans colonne d’action. Un inventaire sans décision n’est pas une évaluation.
Où trouver des risques fiables pour son métier
Les outils sectoriels de l’INRS (OiRA) et les documents des CARSAT sont les références officielles pour savoir quels risques regarder dans un métier donné. Ils orientent ; ils ne remplacent pas votre regard sur votre propre entreprise.
Votre DUERP pré-rempli par métier
Si vous tenez un hôtel, DUERP-Rapide vous propose dès le départ les activités d’un établissement hôtelier — réception, étages, petit-déjeuner, lingerie, maintenance — avec, pour chacune, les risques courants et les mesures associées : produits d’entretien, manutention des chariots et des matelas, chutes dans les escaliers de service, travail isolé la nuit. Vous retirez ce qui ne vous concerne pas, vous évaluez chaque risque, vous cochez les mesures en place, et vous recevez un document au nom de votre établissement, structuré comme le tableau ci-dessus. C’est une aide à la rédaction : la décision sur chaque risque, et la responsabilité du document, restent les vôtres.
Questions fréquentes
Existe-t-il un modèle officiel de DUERP ?
Non. La loi n’impose aucun modèle ni formulaire. C’est le contenu — l’inventaire des risques réels par activité — qui compte, pas la forme du document.
Un modèle de DUERP gratuit suffit-il ?
Un modèle vierge est un point de départ. Il faut le remplir avec les risques réels de votre activité, activité par activité, et le tenir à jour.
Le DUERP doit-il être en Word, Excel ou PDF ?
Tout support est admis, papier ou dématérialisé, dès lors que le document reste lisible et que ses versions successives sont conservées.
Combien de risques faut-il lister ?
Autant qu’il en existe réellement dans votre entreprise, pas plus. Quelques lignes justes par activité valent mieux qu’une longue liste copiée d’un modèle.